La plupart des décisions make-or-buy sont prises trop tôt, avant que la question décisive ait été posée : quel processus nous distingue réellement de la concurrence, et lequel ne le fait pas ? Ceux qui font l'impasse se retrouvent à acheter un logiciel standard pour le mauvais processus, ou à développer un logiciel sur mesure pour un processus qui n'en a pas besoin.
Comment identifier ces processus décisifs, pourquoi le logiciel standard atteint précisément là ses limites, et ce que révèle un calcul honnête du coût total sur le cycle de vie : c'est l'objet de cette dernière partie.
La frontière 80/20 : où le standard gagne, où il vous contraint
Une bonne règle empirique : le logiciel standard couvre environ 80 % de vos exigences. Le problème se situe dans les 20 % restants. Ils sont rarement accessoires. Ce sont souvent précisément les processus qui font le succès de votre entreprise.
Pour tout ce qui est standardisable en dehors de votre activité principale — comptabilité, paie, e-mail — le standard l'emporte haut la main. Ces processus sont identiques partout, réglementés et ne vous distinguent de personne. Les construire soi-même, c'est brûler de l'argent.
Mais ces 20 % qui vous rendent unique, le logiciel standard les force dans un flux de travail étranger et idéalisé. Vous vous adaptez au logiciel — pas l'inverse. Et vous abandonnez ainsi exactement ce qui était votre avantage. C'est précisément là qu'apparaissent les contournements et les tableurs à côté du système : signe certain que le processus ne rentre pas dans le moule standard.
Où se situent ces 20 % varie d'une entreprise à l'autre. Ce sont souvent la planification des approvisionnements et la gestion de production, votre propre logique d'offre ou de variantes, un portail client avec une logique métier spécifique, ou l'interconnexion de plusieurs systèmes en un seul flux continu. Ce qu'ils ont en commun : ils ne suivent aucune norme, mais votre propre expérience. C'est précisément pour cela que le standard ne les représente qu'avec des pertes par friction.
